«Chaque artiste crée ses précurseurs. Son travail modifie notre conception du passé autant que celle du futur». Jorge Luis Borges

vendredi 17 août 2012

Krenek, les symphonies complètes chez CPO.



Krenek: Complete Symphonies
NDR Radiophilharmonie Hannover
Takao Ukigaya & Alun Francis, dir.
CPO 777 695-2 (4CD)

Enfin réunies dans un seul coffret, les symphonies d’Ernst Krenek (1900-1991) telles que lues et superbement jouées par l’orchestre de Hanovre, sont maintenant disponible. Bien sûr, il s’agit d’une parution de la maison CPO, l’une des seules à oser ce genre d’aventure, probablement peu payante mais ô combien essentielle au plan artistique et historique. Merci et bravo.

Krenek est un compositeur très peu fréquenté. Sa musique n’est pas à proprement parler « facile », mais elle est dense, brillamment construite et peut être communicative même dans sa plus robuste modernité.

La première symphonie (1922) est passablement néo-romantique, bien que l’on devine l’attrait de la modernité schoenbergienne dans ces harmonies tendues, presque sur le point de se briser.

C’est d’ailleurs ce qu’elles feront dans la deuxième symphonie, complétée peu longtemps après en 1923. Cette œuvre en est une de transition, où l’atonalisme alors en train de révolutionner la musique savante prend sa place aux côtés de réminiscences lyriques héritées des années de formation du compositeur.

Les troisième, quatrième et cinquième symphonies empruntent plus résolument la voie de la Seconde École de Vienne, et particulièrement les nos 4 & 5, composées après un hiatus « symphonique » de plus d’une décennie, soit entre 1947 et 1949. Ce qu’il y a d’intéressant chez Krenek, cependant, c’est sa faculté d’organiser cette modernité quelque peu acerbe en discours résolument communicatif. La musique des dernières symphonies de Krenek est sérieuse, certes, mais elle raconte quelque chose, elle évite le piège du « tout cérébral ».

Krenek composa une symphonie intitulée Pallas Athene en 1954, mais également une Symphonie pour vents et percussions et une Kleine Symphonie, mais elles ne se retrouvent pas dans cette intégrale n’ayant apparemment pas encore été endisquées. Ce que nous avons ici est en fait une intégrale des symphonies « numérotées ». Il reste donc encore du travail à faire pour nos amis de chez CPO!

L’orchestre de Hanovre est exemplaire sous la direction de Takao Ukigaya dans les trois premiers des quatre disques que comprend le coffret. C’est Alun Francis qui se charge du 4e volume, celui qui comprend la Symphonie no.4 et le Concerto Grosso. Francis est un habitué des découvertes proposées par CPO. Direction soignée et convaincue.

Un coffret que je vous souhaite d’avoir dans votre discothèque si vous aimez la musique du 20e siècle.

Frédéric Cardin






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire