«Chaque artiste crée ses précurseurs. Son travail modifie notre conception du passé autant que celle du futur». Jorge Luis Borges

lundi 20 août 2012

Koukourgi de Cherubini chez Arthaus.


Cherubini: Koukourgi

Stefan Cerny (Fohi); Cigdem Soyarslan (Zulma); Leonardo Galleazzi (Zamti); Daniel Prohaska (Koukourgi); Peter Edelmann (Phaor); Johannes Chum (Amazan)
Kärntner Sinfonieorchester
Chorus and Extra Chorus of the Stadttheater Klagenfurt
Peter Marschik, direction
Marie-Luise Walek, costumes
Josef Köpplinger, mise en scène et direction artistique
Arthaus 101 638 (DVD)


Koukourgi fut composé en 1792 par Luigi Cherubini. Mais la première mondiale fut donnée….. en 2010!

Cet opéra-comique, une rareté de ce compositeur autrement plus académique et sérieux, a été totalement oublié jusqu’à ce que cette production offre une lumière amusée et relativement bienveillante à l’œuvre.

On y raconte l’histoire d’une guerre de clans dans la Chine ancienne, où Fohi, le roi et père adoptif d’Amazan, un orphelin, jette ce dernier hors des murs du palais après avoir découvert qu’il était amoureux de sa fille, la belle Zulma. Amazan revient aider le roi lorsqu’il apprend que celui-ci est assiégé par Koukourgi, un chef ennemi. Koukourgi s’empare du royaume, capture Zulma, et en devient amoureux. Après plusieurs péripéties, les gentils et l’amour l’emporteront et Koukourgi devra retourner chez lui, humilié.

On perçoit souvent Cherubini comme un compositeur académique et prévisible. Ce n’est pas faux. Certaines parties de ce Koukourgi sont effectivement un peu longuettes, un peu fades. Mais l’ensemble se démarque tout de même agréablement. Cherubini savait aussi écrire de belles mélodies et soutenir un contexte dramatique avec des partitions appropriées.

La mise en scène évite l’exotisme « maniéré » sans toutefois nous imposer une vision ultra-moderne qui nous aurait empêché de nous plonger dans un univers visité ici pour la toute première fois. C’est coloré et éminemment sympathique.

La direction musicale de Peter Marschik est vivante. Les solistes sont assez bons, surtout Daniel Prohaska dans le rôle irrévérenceux de Koukourgi. Frohi tonne son imposante autorité, Amazan et Zulma sont grandiloquents de romantisme. Cherubini n’a certainement pas écrit un chef-d’œuvre monumental injustement oublié, mais il a sans aucun doute pavé la voie à des figures beaucoup plus populaires comme Auber et Offenbach!

Ce DVD Arthaus vous fera à coup sûr découvrir un élément méconnu et fort distrayant de l’histoire de l’art lyrique.


Frédéric Cardin





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