«Chaque artiste crée ses précurseurs. Son travail modifie notre conception du passé autant que celle du futur». Jorge Luis Borges

jeudi 30 juin 2011

La Huitième Symphonie de Bruckner par l'Orchestre de Cleveland sous la direction de Welser-Möst


Anton Bruckner
SYMPHONY NO. 8
(1887 version, edited by Leopold Nowak)
The Cleveland Orchestra
Franz Welser-Möst, conductor
Recorded live at Severance Hall, Cleveland, August 2010.

Voici une opportunité d'écouter la version originale de Bruckner de sa 8è symphonie de 1887. On peut en apercevoir les intentions du compositeur pour sa dernière symphonie achevée. C'est une édition réalisée par Leopold Nowak dans les années 50 et publiée en 1972.
À vous d'en juger!

Arthaus: 101581.

Bruckner: Symphony No. 8 in C minor

Gabriel Dupont, Les Heures Dolentes et La Maison Dans Les Dunes chez ATMA Classique.



Le pianiste canadien Stéphane Lemelin ajoute un nouveau volume à la collection Musique française : Découvertes 1890-1939 d’ATMA, avec cet enregistrement consacré au compositeur français Gabriel Dupont. Cette série présente des oeuvres rares au disque et met en lumière tout un pan du paysage musical français du tournant du siècle dernier.

Les succès de Gabriel Dupont reposent en grande partie sur ses oeuvres lyriques. Il a aussi été acclamé pour ses deux recueils pour le piano, Les heures dolentes et La maison dans les dunes. Ces pièces pour piano, ainsi que plusieurs mélodies, des oeuvres pour orgue, pour choeur et pour divers ensembles de musique de chambre (dont le très passionné Poème pour piano et quatuor à cordes) composent la part la plus importante de son oeuvre non-lyrique.

Stéphane Lemelin se produit régulièrement au Canada, ainsi qu’aux États-Unis, en Europe et en Asie. Invité assidu des festivals d'été, il a aussi été soliste de la plupart des principaux orchestres canadiens. Membre du Trio Hochelaga, avec la violoniste Anne Robert et le violoncelliste Paul Marleyn, il est également directeur artistique du Prince Edward County Music Festival, un festival de musique de chambre annuel.

Stéphane Lemelin se produit régulièrement à travers le Canada et les États-Unis et a donné plusieurs concerts en Europe. Invité assidu des festivals d'été, dont le Festival international de Lanaudière, le Festival de musique de chambre d'Ottawa et le Festival international du Domaine Forget, il a collaboré avec des artistes tels que Donna Brown, Boris Berman, James Campbell, Jacques Israelievitch, David Shifrin, Walter Trampler et les quatuors à cordes St-Lawrence, Muir et Morency. Il a aussi été soliste de la plupart des principaux orchestres canadiens, dont l'Orchestre Symphonique de Montréal sous la direction de Charles Dutoit. Les concerts de M. Lemelin sont entendus fréquemment sur les ondes de Radio-Canada et ses enregistrements ont été diffusés mondialement. Un pianiste au répertoire vaste et varié s'étendant de la période classique au vingtième siècle et allant de l'accompagnement de lieder aux grands concertos romantiques, ses interprétations de Schubert, Schumann, Fauré et Ravel ont suscité des commentaires particulièrement élogieux.

Stéphane Lemelin est né à Mont-Joli, au Québec. Élève d'Yvonne Hubert à l'École Vincent d'Indy de Montréal, il travailla ensuite avec Karl-Ulrich Schnabel à New York, Leon Fleisher au Peabody Conservatory de Baltimore, Boris Berman et Claude Frank à l'Université Yale où il a obtenu un doctorat en musique. M. Lemelin a été professeur à l'École de musique de l'Université Yale et il enseigne maintenant à l'Université d'Alberta à Edmonton. Lauréat du concours international Robert Casadesus de Cleveland, il a été récipiendaire de plusieurs prix nationaux et internationaux, dont des bourses du Conseil des Arts du Canada, de la Fondation des Arts de l'Alberta et du gouvernement de l'Autriche.

ATMA: 2 CD : ACD22544

Mathieu Lussier, Passages chez ATMA Classique



Le musicien canadien Mathieu Lussier est reconnu internationalement comme un bassoniste exceptionnel, mais il est aussi un compositeur très en demande au Canada et aux États-Unis. Son catalogue contient une trentaine d’oeuvres incluant des pièces pour quatuor de bassons ainsi que pour différents instruments à vent.

Mathieu Lussier a commencé à écrire de la musique il y a environ 15 ans. C’est en pensant aux interprètes du XVIIIe siècle qui composaient pour enrichir le répertoire de leur instrument qu’il aborde son travail de compositeur. Ses quatuors pour bassons et ses pièces pour basson seul ont été appréciés et rapidement adoptés par ses collègues musiciens, en plus d’être bien reçus par le public.

La musique de Mathieu Lussier a fait l’objet de nombreux enregistrements et est largement diffusée sur les radios du monde entier. Dos Tropicos, quintette à vent écrit en 2001, a depuis été joué près d’une centaine de fois, au Canada, en Europe et au Royaume-Uni. Ses oeuvres sont publiées par la maison d’édition Trevcomusic de Floride, et une de ses plus récentes pièces, Nightfall, a été publiée par la prestigieuse maison C.F. Peters de New-York. En août 2009, Bassango, dans sa version pour basson et orchestre à cordes, s’est vu décerner le 3e prix dans la catégorie Contemporary Classical Song aux Just Plain Folks Awards de Nashville, Tennessee.

Musicien versatile et curieux, Mathieu Lussier s’applique à faire découvrir avec dynamisme et passion le basson et le basson baroque comme instrument soliste partout en Amérique du Nord et en Europe. Il se produit comme bassoniste, soliste et/ou chef avec des ensembles comme Arion (Montréal), Les Violons du Roy (Québec), l’Orchestre Baroque Tafelmusik (Toronto) et l’Orchestre de la Mission Saint-Charles (Lamèque). Depuis 2007, il est d’ailleurs directeur artistique du Festival International de Musique Baroque de Lamèque. Consacrant une grande partie de son temps à la pratique de la musique de chambre, il fait partie de l’Ensemble Pentaèdre de Montréal, du Caliban Quartet of Bassoonists de Toronto ainsi que de l’ensemble Musica Franca. Ses nombreux enregistrements en tant que soliste comprennent près d’une douzaine de concertos pour basson de Vivaldi, Fasch, Graupner, Telemann, Corrette, un disque de sonates pour basson de Boismortier, trois disques consacrés à la musique pour basson solo de François Devienne, ainsi qu’un disque de musique pour sextuor à vent de Gossec. Comme compositeur, ses oeuvres issues d’un catalogue de plus de trente oeuvres sont jouées régulièrement en concert en Amérique du Nord, en Europe et en Australie.

ATMA: 1 CD : ACD22657

mercredi 29 juin 2011

Billy Budd: "Behind the Scenes" les secrets de l'Opéra Billy Budd de Benjamin Britten



Captain VereJohn Mark Ainsley
Billy BuddJacques Imbrailo
ClaggartPhillip Ens
Mr. RedburnIain Paterson
Mr. FlintMatthew Rose
Lieutenant RatcliffeDarren Jeffery
Red WhiskersAlasdair Elliott
DonaldJohn Moore
DanskerJeremy White
NoviceBen Johnson
SqueakColin Judson
BosunRichard Mosley-Evans

The Glyndebourne Chorus
London Philharmonic Orchestra
Mark Elder
, conductor

Michael Grandage, stage director


Voici une production du Glynderbourne, l'opéra de Benjamin Britten (1913-1976) Billy Budd. D'après un roman de Herman Melville, les librettistes Foster et Crozier, ont façonné une histoire inspiré des faits réels et situé à bord d'un vaisseau de la Royal Navy pendant la guerre franco-anglaise de 1797.

Opus Arte: OA1051D, à partir de juillet 2011 au Canada.

Britten: Billy Budd

Aaron Copland, Fanfare for America, en quête d'une sonorité américaine.


Voici un documentaire fait en 2002 par le réalisateur Andreas Skipis sur des aspects de la vie et de l'oeuvre du compositeur américain Aaron Copland (1900-1990). On peut voir Benny Goodman jouant le concerto pour clarinette ainsi que Leonard Bernstein dirigeant le "Lincoln Portrait" et Martha Graham dansant "Appalachian Spring" .

Arthaus: 101573

Copland: Fanfare for America

Le Coq d'Or de Rimsky Korsakov chez Arthaus (enregistré au Chatelet, 2002)


Nikolai Rimsky-Korsakov
LE COQ D'OR (The Golden Cockerel)

King Dodon -- Albert Schagidullin
Prince Guidon -- Ilya Levinsky
Prince Afron -- Andrei Breus
General Polkan -- Ilya Bannik
Amelfa -- Elena Manistina
Astrologer -- Barry Banks
Queen of Shemakha -- Olga Trifonova
The Golden Cockerel -- Yuri Maria Saenz
St. Petersburg Mariinsky Theatre Chorus
(chorus master: Andrei Petrenko)
Orchestre de Paris
Kent Nagano, conductor
Isao Takashima, stage director
Ennosuke Ichikawa, staging
Setsu Asakura, stage designer
Tomio Mohri, costume designer
Jean Kalman, lighting designer
Kanshino Fujima, choreographer
Recorded at the Théâtre Musical de Paris - Châtelet, December 2002

Voici une version du 2002 enregistrée au Théâtre Musical de Paris, Châtelet avec la direction musicale de Kent Nagano, de la dernière oeuvre de Rimski-Korsakov (1844-1908). Elle a été créée après la mort du compositeur, puisque de son vivant elle fut interdite par la censure impériale, ayant trouvé des ressemblances entre la cour du roi Dodon et celle du tsar Nicolas II. Le Coq d'Or est considéré comme le meilleur opéra du compositeur, surtout pour sa richesse vocale et instrumentale.

Arthaus: 107387, à partir du mois d'août 2011 au Canada.


Rimsky Korsakov: Le Coq d'Or

vendredi 24 juin 2011

Les quatuors à cordes de Chostakovitch par le Quatuor Mandelring chez Audite


Quel corpus fantastique représente les quinze quatuors à cordes de Dimitri Chostakovitch (1906-1975). C'est la marque de toute une vie du compositeur qui donna l'une de ses lettres les plus nobles dans ce genre musical, peut-être, le plus difficile du point de vue de la création. Les modèles sont nombreux, mais on devrait retenir sans aucun doute les maîtres du genre: Haydn et Beethoven. Aucun compositeur ne pourrait s'en passer. Pour se faire une idée de la complexité que représente, pour le créateur, cette forme musicale, il suffit de constater combien d'années Chostakovitch a mis pour écrire son premier daté de 1938 avec un opus 49. À ce moment il avait déjà écrit 5 symphonies, et publié 2 opéras (d'autres ne virent pas le jour.), 3 ballets, plusieurs musiques de films ainsi qu'une bonne partie de sa musique de chambre. Mais une fois qu'il a commencé, ce sera un genre qu'il ne quittera plus, écrivant son dernier quatuor op.144 en 1974, quelques mois avant sa mort.
Les quatuors furent pour Chostakovitch un terrain d'expérimentation. N'oublions pas qu'à l'époque la propagande socialiste voulait que ses compositeurs s'adressent au plus grand nombre d'auditeurs possible, ce qui n'est pas le cas avec le quatuor à cordes.

Dans son premier et très classique quatuor en ut majeur op.49, le compositeur boulverse l'ordre des mouvements "traditionnels" en présentant deux moderatos, suivis de deux allégros. «Il ne faut pas chercher une profondeur particulière dans ce premier quatuor. Il est gai, enjoué et lyrique. Je le qualifierais volontiers de "printanier".» D.SCH.

Le deuxième en la majeur op. 68 de 1944 est très original dans la conception de ses mouvements: ouverture-récitatif et romance- valse et comme final un thème avec des variations. Les échos de la guerre se font sentir, rien de mieux que de la belle musique pour y échapper. «La rapidité vertigineuse avec laquelle je compose m'inquiète. C'est une mauvaise chose, cela ne fait pas de doute». D.SCH.

Le troisième en fa majeur op. 73 de 1946 est en cinq mouvements d'allure très mozartienne, dans le sens ou il troque la douleur par un art noble et prestigieux. «Cet homme voit et sent la vie mille fois plus profondément que tous les autres musiciens réunis». Kontanstin Igoumnov.

Le quatrième en ré majeur op. 83 de 1949, semble plus proportionné avec ses quatre mouvements suivant un ordre plus traditionnel. Son équilibre et son lyrisme inspirés de la musique juive sont remarquables.

Le cinquième en si bémol majeur op. 92 de 1952 a aussi une facture haydnienne. Peut-être s'agit il d'une des meilleures pièces de musique de chambre du compositeur.

Le sixième en sol majeur op.101 de 1956, longtemps négligé ce quatuor va coïncider avec la période appelée "le dégel" de l'ère Khrouchtchev. La création a été faite comme presque tous les autres par le fameux Quatuor Beethoven.

Le septième en fa dièse mineur op.108 de 1960 est le plus court, un peu plus d'une dizaine de minutes seulement. Ses mouvements s’enchaînent sans interruption.

Le huitième en ut mineur op.110 de 1960, a été composé en trois jours pendant une visite du compositeur à Dresde. Il a un caractère autobiographique et se veut une sorte de "dénonciation du fascisme". «Je me le suis dédié à moi même. Je me suis dit qu'après ma mort, personne sans doute ne composerait d'oeuvre à ma mémoire. J'ai donc résolu d'en composer une moi-même». D.SCH. ( ré-mi bémol-ut-si bécarre sont les notes de son premier thème).

Le neuvième en mi bémol op.117 de 1964, a un élan plus symphonique s'inscrivant dans la lignée du cinquième quatuor. Il est contemporain de sa 13è symphonie, également en cinq mouvements.

Avec le dixième en la bémol majeur op.118 de 1964, on commence à percevoir de la part du compositeur des essais d'une façon créative de ses thèmes un peu plus "sérielle", sans perdre jamais son attachement à la tradition russe et à son propre style.

Le onzième en fa mineur op.122 de 1966 a été dédié à la mémoire du 2e.violoniste du Quatuor Beethoven Vassily Shirinsky décédé l'année précédente.

Le douzième en ré bémol majeur op.133 de 1968 ouvre ce qu'on appelle la série des derniers quatuors. Partition magistrale, Chostakovitch nous donne sa vision particulière et très personnelle du dodécaphonisme. «J'ai l'intention d'écrire vingt-quatre quatuors. N'as-tu pas remarqué que les tonalités ne se répètent jamais? Je vais en composer un dans chacune des vingt-quatre tonalités. Ils doivent former un cycle complet.» D.SCH

Le treizième en si bémol mineur op.138 de 1970 a un caractère très pessimiste. C'est une oeuvre en un seul mouvement, et elle est dans la lignée de sa 14e symphonie. Ce fut une époque très pénible dans la vie du compositeur, qui venait de se remettre de son premier infarctus.

Le quatorzième en fa dièse majeur op.142 de 1973 est dédié au violoncelliste Sergueï Chirinsky membre fondateur du Quatuor Beethoven. Il est en trois mouvements et s'inscrit dans la ligne esthétique de la fin du compositeur.

Le quinzième et dernier en mi bémol majeur op.144 de 1974 représente un nouveau chef-d'oeuvre. Chostakovitch était à bout de son énergie vitale. «Je ne peux plus jouer. Regarde la partition toi-même.» D.SCH. Il est le plus long de tous avec ses six mouvements lents enchaînés sans interruption. En effet il s'agit d'un immense adagio de plus d'une demie-heure, où le compositeur nous laisse son testament sonore. Le quatuor est devenue pour Chsostakovitch, non seulement une forme musicale de plus qu'il maîtrise, mais sans aucune doute la forme où il a pu produire des transformations radicales, sans perdre jamais de sa riche tradition universelle, représentée par les oeuvres de Haydn, Mozart, Beethoven, Mendelssohn, Bartok et bien sur lui même.

La qualité artistique et technique du Quatuor Mandelring est exceptionnelle. Leurs versions sont déjà une bonne référence discographique, à côté des meilleurs!

Le Quatuor Mandelring est formé par:
Sebastian Schmidt, violon.
Nanette Schmidt, violon.
Roland Glassl, alto.
Bernhard Schmidt, violoncelle.

Ce coffret de 5 CD a été enregistré entre les années 2005 et 2009
Audite: 21.411

Philippe Adelfang